Recherche clinique et épidémiologique

Biais de sélection

Définition

Les biais de sélection résultent de la façon dont les sujets ont été inclus dans l'étude et ont été suivis. Ils interviennent au moment de la constitution de l'échantillon.

Le biais de sélection aboutit à un manque de représentativité de l'échantillon d'étude par rapport à la population cible. L'échantillon constitué pour l'étude diffère de cette dernière par certains caractères, pouvant être liés au phénomène étudié.

Exemples

  • Biais de volontariat (« volunteer bias »):

Si une étude inclut des sujets sur la base du volontariat, il y a risque de biais de sélection car les sujets volontaires présentent généralement des caractéristiques différentes de celles de personnes refusant de participer à l'étude.

Une étude porte sur les conséquences à long terme de l'alcoolisation fœtale. Les enfants, nés de mère alcoolo-dépendantes au cours de la grossesse, sont inclus à partir du jour de leur naissance et sont suivis tous les 6 mois pendant les 5 premières années de leur vie afin d'observer leur développement psycho-comportemental. Les femmes qui vont accepter de participer à cette étude, peuvent avoir des caractéristiques différentes de celles qui vont refuser : insertion sociale, CSP, âge, nombre d'enfants....

  • Biais de survie sélective :

Il peut survenir lorsqu'une étude ne concerne que les sujets ayant survécu à une maladie de létalité élevée et que la survie dépend d'un des facteurs d'exposition étudiés.

Une étude cherche à décrire les caractéristiques des personnes, admises aux urgences du CHU suite à une noyade. Seules les personnes y ayant survécu vont pouvoir être admises aux urgences et y être interrogées.

Les personnes décédant de noyade ne vont pouvoir être interrogées et leurs caractéristiques recueillies. Ces dernières peuvent éventuellement différer des caractéristiques des personnes y ayant survécu (âge, alcoolisation, antécédents médicaux...).

  • Biais des travailleurs en bonne santé (« healthy worker effect ») :

Les sujets exerçant une activité professionnelle ont souvent une santé meilleure que celle de la population générale. En effet, les travailleurs ont passé deux étapes de sélection : ils ont franchi l'étape de l' « embauche » (la recherche d'un emploi et le recrutement se font parmi des personnes en bonne santé) et sont capables d'exercer une activité professionnelle (la sortie du monde professionnel se fait plutôt en cas de mauvais état de santé). Les travailleurs sont donc généralement en meilleure santé que la population générale. Dans une entreprise, où les sujets sont exposés à certaines substances particulières, seuls ceux, ne présentant pas de facteurs de risque vont être embauchés et seuls ceux ayant une certaine « résistance » aux conditions de travail vont rester dans l'entreprise : les personnes ayant développé des troubles/symptômes auront tendance à quitter leur emploi.

Exemple

1[1] Les sujets asthmatiques vont se voir limiter l'accès à des métiers ayant une forte exposition à des allergènes, ou aux poussières... Ils risquent, par la suite, de quitter leur poste rapidement ou d'être affectés dans des zones non exposantes si leur asthme s'aggrave.

  1. 1

    Exemple tiré de Le Moual et al The Healthy Worker Effect in Asthma Work May Cause Asthma, but Asthma May Also Influence Work, AJRCM (177) 2008

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